DescriptionLa Cisse : une vallée dans la valléeLa vallée de la Loire est parcourue, entre Onzain et Rilly-sur-Loire, par deux cours d’eau : la Loire elle-même, qui se maintient régulièrement auprès du coteau sud, et la Cisse, entrée dans le Val de Loire à Chouzy-sur-Cisse, qui y dessine « une vallée dans la vallée », contrainte de longer le coteau de la rive droite par le bombement médian de la plaine. Cet affluent est particulièrement représentatif de cette originalité propre à la Loire, puisqu’il longe le fleuve sur 40 kilomètres avant d’y mêler ses eaux.
Des paysages linéaires en parallèlesDe manière plus flagrante encore que sur l’ensemble du département, la séquence est marquée par la linéarité. La topographie générale, avec ses coteaux hauts d’une quarantaine de mètres, limite de façon franche la vallée taillée au creux des plateaux de la Gâtine Tourangelle et de Pontlevoy. Dans cette morphologie marquée, trois ambiances bien différentes se succèdent en parallèle :
- Au sud, la Loire reste à proximité du coteau de la rive droite, tenue entre deux levées, accompagnée de bois et prairies. Elle développe un paysage remarquable, aussi bien culturel que naturel : à l'amont Chaumont allonge sagement ses maisons en quais, au pied du haut coteau, coiffé de son château spectaculaire ; à l'aval la Loire retrouve ses accents sauvages, doux et magnifiques, glissant entre des bancs de sables clairs partiellement conquis par la végétation spontanée. Les villages desservis par la RD 751 s'abritent en piémont de la falaise sud. Le coteau, lorsqu'il n'est pas urbanisé, est le plus souvent peuplé de denses friches arborées. Le long du fleuve, des chemins de randonnée parfois très récemment créés, tels ceux de « la Loire à vélo », facilitent le parcours des berges.
- En rive droite, la Cisse s'écoule dans un pli formé entre plaine et coteau. Elle est fidèlement suivie par la RD 58, bien positionnée en pied de coteau. L'urbanisation, à l'écart de la Cisse, occupe le pied de coteau et court le long de la route départementale entre Chouzy-sur-Cisse et Meuves en passant par Onzain, créant un continuum bâti d'où les ouvertures visuelles sur la vallée sont devenue rares. Des jardins et petits vergers précieux font face aux habitations, de l'autre côté de la route, et s'allongent parfois jusqu'à la Cisse, lorsqu'elle s'approche du coteau. De Meuves à Monteaux, la falaise préservée du développement urbain, se couvre de taillis enfrichés, surplombés de vignes en sommet. La RD58 parcourt alors la vallée de la Cisse en offrant un recul permettant de valoriser les vues sur la falaise.
- Entre les deux cours d'eau se dessine une vaste plaine agricole entièrement dominée par la grande culture. De la rive gauche de la Cisse et jusqu'à la levée en rive droite de la Loire, les champs s'étalent sans partage. Les ripisylves des bras secondaires de la Cisse sont à peu près inexistantes. Seules quelques parcelles boisées ponctuent sporadiquement la large plaine ouverte. Au cœur de la plaine agricole, la voie ferrée accentue le laniérage de la vallée, d'autant qu'elle se révèle difficilement franchissable par un pont et un passage souterrain peu avenants.
Quelques percées visuelles transversales, d'un coteau à l'autre, permettent d'apprécier l'ampleur de la vallée lorsque la ripisylve de la Loire s'entrouvre. Depuis le pied de Meuves par exemple, à travers la plaine, passant par-dessus les levées, le regard porte jusqu'au château de Chaumont-sur-Loire, faisant face au village.
![]() L’habitat, dans des conditions d’inondabilité importante, a fait le
choix de s’implanter aux marges de la vallée. Seul Veuves fait
exception à la règle.
En rive gauche, Chaumont-sur-Loire allonge une longue file bâtie régulière de petites maisons parallèles au fleuve. Elles paraissent d'autant plus modestes, tassées au pied de l'ample coteau qui les domine de toute sa hauteur, que l'ensemble est couronné par l'imposante figure du château qui trône en crête. L'ensemble compose sans doute l'une des scènes bâties de la vallée parmi les plus remarquables du département. On la perçoit aisément depuis le pont qui franchit le fleuve malheureusement de piètre qualité architecturale, ou depuis la levée en rive droite parcourue par la RN 152. Rilly-sur-Loire profite d'un vallon boisé affluent pour s'élever progressivement vers le plateau de Pontlevoy, coiffé également par son château sur les hauteurs du coteau, en balcon sur la vallée. L'urbanisation récente, dans les deux cas, prospère principalement sur les rebords des coteaux, privatisant le plus souvent les vues sur la vallée. De brèves fenêtres visuelles percent encore le tissu bâti dispersé, lorsque les falaises enfrichées ne masquent pas la vue par des boisements trop denses. En rive droite, Onzain et Monteaux bénéficient de la protection de petites vallées affluentes de la Cisse : le Cissereau et la Petite Cisse. Alors que Monteaux limite son urbanisation aux piémonts, Onzain se développe à la fois en fond de vallée, sur les coteaux et en rebord de plateau. Cette dilatation du tissu bâti est essentiellement due à une urbanisation linéaire le long de la RN 58, à une urbanisation diffuse en quartiers pavillonnaires avec vue sur la vallée, au détriment du site bâti initial et à la présence de la gare dans la vallée qui a généré le développement d’un quartier spécifique.
Au coeur de la vallée, Veuves brave les inondations derrière la levée qui supporte la RN 152. Le village pâtit de cette infrastructure trop "routière" : la circulation piétonne est mal aisée et dangereuse, la vue vers la Loire est masquée, les accès aux bords de l'eau sont difficiles. La gestion de ces espace de nature associés à des usages publics demeure une question importante : parmi les projets de la commune, une plage ouverte au public qui ne peut voir le jour pour des raisons de responsabilité de gestion et d'entretien.
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Agence Folléa-Gautier, paysagistes-urbanistes
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