7/ Une agriculture créatrice de paysages à la fois forts et subtilsL’agriculture, en gérant la moitié du territoire départemental, contribue de façon majeure à la qualité paysagère du Loir-et-Cher. De façon globale, elle révèle les terroirs et construit la diversité paysagère en adaptant ses productions aux potentialités des sols : l’herbe dans les sols lourds d’argile à silex du Perche, l’herbe à nouveau dans les fonds de vallées humides, la vigne sur les coteaux calcaires secs et ensoleillés en marge du Loir, de la Loire et du Cher, la vigne encore et les cultures spécialisées sur les sols sableux et drainants de la Sologne viticole.
Elle a créé des paysages fortement identitaires, à l'image de la Beauce, qui peut déconcerter par sa radicalité, mais qui prend des accents de beauté abstraite remarquables lorsque l'espace agricole prend tout l'espace, jusqu'au ciel, sans offrir d'élément risquant de casser l'échelle de sa démesure. Cette pureté paysagère est en fait fragile, perturbée en particulier par les réseaux aériens, électriques ou téléphoniques, particulièrement sensibles dans les immensités Beauceronnes. En termes de cadre de vie, elle ne peut être acceptable que si l'espace habité du village, de la ferme et de leurs abords, vient constituer un oasis en offrant tout ce que l'espace agricole n'offre pas : l'arbre, l'arbuste et les fleurs, l'intimité et la protection.
Elle est aussi créatrice de paysages subtils, où différents types de cultures s'imbriquent et laissent même place à des bouquets d'arbres, comme en Sologne viticole, tout particulièrement originale en termes de paysage.
Cette subtilité se retrouve dans les secteurs préservés du Perche Gouët, où les haies et les arbres isolés, historiquement liés aux pâtures et aux prairies de fauche, perdurent et enrichissent le paysage en accentuant les profondeurs, en diversifiant les ambiances, en enrichissant les milieux et la biodiversité, en préservant les sols de l'érosion. On la retrouve enfin dans les fonds de vallées, lorsque l’agriculture est créatrice de paysages de l’eau, avec une occupation et une mise en valeur du sol adaptée à la nature humide et inondable des terres : ripisylves, prairies et pâtures, bocage et arbres isolés. Cette richesse paysagère apparaît tout particulièrement sensible et précieuse dans les vallons affluents des vallées principales, notamment ceux qui alimentent le Loir, où la souplesse des reliefs, leur proportion heureuse des vallons et la diversité des micro-terroirs sont révélés par l’occupation agricole des sols et la gestion des espaces ouverts.
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Agence Folléa-Gautier, paysagistes-urbanistes
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