1/ Une urbanisation marquante, indifférente aux contextes

-Evolution urbaine d’un village de périphérie : Vineuil
Analyse des dynamiques d’évolution urbaine d’un village de périphérie : exemple de Vineuil
L'urbanisation de Vineuil, en rive gauche de Loire, est largement soumise à l'influence de Blois, toute proche. La pression exercée sur le village a exacerbé des processus d'urbanisation jusqu'alors mesurés, les rendant nettement sensibles dans le paysage.
Sur la carte de 1949, l'urbanisation linéaire, souvent de mise le long des vallées, est déjà observable. Le lieu-dit Les Noëls forme un centre étiré sur 1 km le long de la RD 98, à la faveur du rebord de coteau qui domine la plaine alluviale inondable. Cette constitution linéaire est limitée en longueur et conserve une échelle  praticable à pied (soit 10 à 15 minutes de bout en bout) ; le tissu reste ouvert sur un paysage de vallée aux usages agricoles mixtes, largement consacré au vignoble, développé en fines parcelles imbriquées aux cultures et aux pâtures sur une trame orthogonale. Entre Pimpeneau et la Haute Rue, une respiration non bâtie dissocie les Noëls de Vineuil, ouvrant de larges vues sur la vallée de la Loire ; de même entre Les Noëls et Léry.
La carte de 2002 fait apparaître un spectaculaire processus d'urbanisation linéaire. Si la zone inondable de la plaine est restée préservée, à 70 m d'altitude, les voies sur le rebord et sur le plateau Solognot, à 80-90m d'altitude, ont été colonisées par un semis d'habitations individuelles continu. Même les bois de Château Gaillard n'ont pas constitué de coupure d'urbanisation pérenne, colonisés au fil de la route par les maisons. Les continuités urbanisées s'allongent désormais sur plus de 2,5Km.

En termes de paysage et de qualité du territoire, cette évolution a pour conséquences :
- la disparition des coupures d'urbanisation et espaces de respiration, qui participent de façon essentielle à l'organisation du territoire ;
- la disparition des corridors écologiques entre le fleuve, la plaine et la forêt du plateau ;
- la dissolution de la personnalité des hameaux, des villages et des bourgs, noyés dans une urbanisation continue indifférenciée ;
- l'affaiblissement des centralités et l'aggravation de la dépendance à la voiture, avec les incidences sociales et environnementales que l'on connaît ;
- la disparition du paysage de la Loire : effacement des points de vues, ou privatisation des vues ;
- l'appauvrissement du paysage habité, avec des espaces publics réduits à des routes de desserte ;
- des conflits d'usages et des problèmes de circulation et de sécurité, avec des fonctions contradictoires de routes et de rues. 

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