1/ Une urbanisation marquante, indifférente aux contextes

-Evolution urbaine d’un village de coteau : Mondoubleau
Analyse des dynamiques d’évolution urbaine d’un village de coteau : exemple de Mondoubleau
Le cœur ancien de Mondoubleau, accroché aux pentes est de la vallée de la Grenne, constitue un site bâti remarquable. Il domine la vallée de la Grenne et s'ouvre visuellement sur le coteau opposé de la rive droite.
En 1977, l'urbanisation récente a déjà partiellement colonisé le plateau agricole, jusqu'au stade, cimetière et château d'eau. En rive droite, le faubourg lié à la voie de chemin de fer est resté en piémont du coteau.
En 2002, l'urbanisation a largement gagné le plateau, jusqu'à rejoindre une nouvelle vallée plus à l'est, creusée par le ruisseau du Parc. Quantitativement, en termes de surface, Mondoubleau est désormais davantage un bourg de plateau qu'un bourg de vallée. Cette urbanisation a pris plusieurs formes :
  • des quartiers d'habitation nouveaux sont apparus, peu maillés avec l'urbanisation préexistante, sous forme d'un "arbre" dont chaque branche constitue un cul-de-sac ;
  • l'urbanisation linéaire autour des voies est particulièrement marquée ;
  • l'urbanisation d'activités s'étend au nord-est, toujours à la faveur des voies et de façon éclatée.
Enfin des habitations ont commencé à coloniser de façon diffuse le coteau de la rive droite face à Mondoubleau, au-dessus du quartier de la gare.

En termes de paysage, les conséquences de cette dynamique sont :
  • une consommation des terres agricoles par une urbanisation peu dense ;
  • une augmentation de la dépendance à la voiture ;
  • un affaiblissement du centre bourg par éclatement du bâti dans l'espace ;
  • un risque d'affaiblissement de cohésion sociale et urbaine ;
  • une dégradation des entrées de bourgs par l'urbanisation linéaire, qu'elle soit d'habitation ou commerciale ;
  • un affaiblissement du site bâti originel ;
  • une banalisation de la vue sur le coteau opposé de la rive droite,  colonisé par quelques habitations récentes éparses ;
  • une fragilisation des espaces agricoles du plateau, en partie enclavés par le développement linéaire de l'urbanisation autour des routes, et donc en voie de phagocytage ;
  • une absence de transition douce entre urbanisation récente et espaces agricoles ouverts du plateau, en forte covisibilité ;
  • un risque de conflit entre habitat et exploitation agricole des terres.
En définitive, l'absence de plan de paysage et d'urbanisme d'ensemble pour le plateau provoque sa consommation excessive sous forme éclatée, au gré des opérations et des opportunités foncières ponctuelles, qui obère les possibilités de constituer un cadre de vie urbain mesuré, cohérent, harmonieux et durable.

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