




Dans l’ensemble départemental, les paysages forestiers solognots apparaissent particulièrement riches : la Grande Sologne tend plus vers des boisements mixtes de feuillus et de résineux : selon la nature du sol, plus ou moins argileuse, plus ou moins sableuse, plus ou moins sèche, plus ou moins humide, des ambiances diverses se succèdent à un rythme serré : chêne, bouleaux, pins sylvestres, parfois pins maritimes, douglas, saules et aulnes, l’ensemble composant des tableaux dont les camaïeux sont magnifiés à l’automne ; la Sologne sèche apparaît de son côté plus favorable aux boisements monospécifiques de résineux (70-80 %) qui, en Sologne viticole, se mêlent non seulement à la vigne mais également aux cultures spécialisées, développant de toutes autres ambiances.
Enfin la gestion pour la chasse contribue à dessiner des paysages forestiers particuliers (voir ci-dessous).
Pour la plupart, les bois et forêts du département sont productifs et exploités : sur les 210 000 hectares, 201 000 environ le sont.
Les forêts domaniales et communales sont gérées par l’O.N.F qui applique une gestion rigoureuse de ses terrains dans une optique première de production, incluant le long terme. C’est la raison pour laquelle les forêts domaniales recèlent les plus belles futaies régulières de chênes. L’enjeu de production forestière n’est pas le seul, et doit être compatible avec l’accueil du public et le maintien de la biodiversité. L’héritage des chasses royales et les modes de production organisés ont été favorables à la création d’allées dessinant de remarquables perspectives à travers les boisements, favorables à la fréquentation des promeneurs et sportifs.
La forêt privée, quant à elle, couvre 91% des surfaces boisées, une proportion supérieure à la moyenne nationale (75%). La répartition entre petite et grande propriété diffère d’une région forestière à l’autre. Quatre classes de taille ont été choisies en fonction de la législation en vigueur. La part des grands propriétaires est plus importante en Sologne que dans le reste du département. Certaines d’entre elles dépassent aisément les 300 hectares de forêt. Les propriétés de moins de 10 ha représentent moins de 50% du total. Dans la Sologne des étangs, du nord et de l’est, les propriétés sont particulièrement grandes. La forêt apparaît en général d’autant plus gérée que la propriété est grande ; dans les forêts morcelées par les successions d’héritage, la gestion est en général abandonnée et la forêt livrée à elle-même. La taille de l’unité de gestion forestière n’est suffisante pour en vivre que lorsque celle-ci atteint environ 500 ha ; il faut en outre qu’il s’agisse d’une forêt équilibrée, c’est-à-dire avec toutes les classes d’âge représentées pour assurer un revenu régulier et substantiel tous les ans. Dans l’ensemble du reste du département, la part des grandes propriétés, quelques exceptions mises à part, tourne autour de 5%.
Globalement, la surface forestière est plutôt en augmentation. Si l’accroissement des forêts domaniales est resté minime au cours des dernières décennies, les propriétés forestières privées en revanche se sont accrues de 20 000 ha entre 1982 et 1998 (source : Schéma des Espaces Naturels et Ruraux (SENR), Service Aménagement Rural et Environnement - D.D.A.F. de Loir-et-Cher). Outre les boisements spontanés qui se développent après abandon des terres exploitées, les aides de l’Etat ainsi que celles prévues depuis 1992 par le règlement C.E.E. n° 2080/92 incitent au boisement des terres agricoles. Cependant, cela ne représente qu’une part minime de la replantation en Loir-et-her. De façon générale, le département perd environ 1 400 ha de surface agricole par an dont environ 1000 ha au profit de la forêt.