Le Loir-et-Cher échappe au scénario classique de la ville-préfecture « ogresse », qui aspire tous les pays adjacents en concentrant à l'excès les formes du développement, jusqu'à pâtir de cette hypertrophie par surconcentration des emplois, des services, mais aussi du chômage et de l'étalement urbain.
L'organisation du territoire départemental apparaît au contraire équilibrée, sous forme de triptyque : trois vallées principales, trois villes principales, trois infrastructures principales :
- Blois au centre du département, sur la Loire, desservie par l'A10,
- Vendôme au nord, sur le Loir desservie par le TGV Atlantique,
- Romorantin-Lanthenay au sud, à proximité du Cher et de l'autoroute A85.
Resitué à une échelle plus large, le département contribue à un maillage régulier du territoire interrégional, à égale distance d'Orléans et de Tours d'une part, du Mans et de Bourges d'autre part.
Cette organisation est un préalable favorable à la composition de paysages urbains équilibrés, en dialogue avec les espaces agricoles et naturels adjacents, immédiatement perceptibles et accessibles pour les habitants :
- ainsi Blois reste essentiellement attachée à la vallée de la Loire, aménage qualitativement sa relation avec l'A10 (Parc A10), s'ouvre sur les horizons boisés qui font son écrin : forêt de Blois et de Russy notamment ;
- Vendôme de même réinvente sa relation au vignoble, par la reconquête de son coteau des Coutis, offre un accès immédiat à sa forêt communale sur le plateau et soigne le passage du Loir dans la ville ;
- Pour Romorantin-Lanthenay, les relations directes ville-nature s'établissent avec la Sauldre et la Sologne (boisée ou agricole) ; mais le tropisme de la vallée du Cher toute proche (à laquelle la ville est rattachée dans la Communauté de Communes de la « vallée du Cher et Romorantinais ») rend pertinente - et urgente - la réflexion paysagère sur les liaisons Romorantin-Cher, pour organiser le développement, notamment autour de toutes les infrastructures : RD 922, RD 724, abords de l'échangeur de l'A85, voies ferrées vers Tours et Vierzon, aérodrome, liaisons douces à créer (notamment pistes cyclables).
Cet équilibre à trois mérite d'être reconnu dans les politiques de développement, pour que les choix de positionnement d'équipements structurants le préservent et le confortent. Dans cette logique, l'axe D957/D765, qui traverse le cœur du département en reliant les trois villes de Vendôme, Blois et Romorantin, joue à l'évidence un rôle stratégique, mais aussi symbolique de cet équilibre à trois. Il mérite des dispositions d'aménagement ambitieuses en matière de paysage, dans ses emprises pour la magnifier, mais aussi hors de ses emprises pour maîtriser les dynamiques d'évolution -notamment d'urbanisation- à ses abords.