4/ Une architecture riche de matériaux et de couleurs diversifiés


L’architecture traditionnelle, où que l’on circule dans le département, est toujours partie prenante de la diversité et de la richesse paysagère du Loir-et-Cher. En portant sur elles les matériaux constitutifs du territoire en place, les maisons, les fermes, les villes, font une part essentielle de la personnalité des paysages et, au total, de leur diversité.

Ferme fortifiée en calcaire de la Beauce
Ferme fortifiée en calcaire de la Beauce
Détail de façade beauceronne, dont l’aspect texturé est donné par les moellons calcaires jointoyés à pierre vue
Détail de façade beauceronne, dont l’aspect texturé est donné par les moellons calcaires jointoyés à pierre vue


Briques de Sologne
Briques de Sologne
Détail de façade solognote où se mêlent élégamment le pan de bois et la brique
Détail de façade solognote où se mêlent élégamment le pan de bois et la brique


Camaïeux de tons chauds dans l’architecture percheronne
Camaïeux de tons chauds dans l’architecture percheronne
Mélange de matériaux variés dans la construction percheronne : torchis, pans de bois, rognons de silex, roussard, mœllons calcaires…
Mélange de matériaux variés dans la construction percheronne : torchis, pans de bois, rognons de silex, roussard, mœllons calcaires…


Tuffeau coloré du Loir, dans le Pays de Ronsard
Tuffeau coloré du Loir, dans le Pays de Ronsard
Habitations troglodytiques creusées à même la falaise de tuffeau
Habitations troglodytiques creusées à même la falaise de tuffeau

Le Loir-et-Cher offre un kaléidoscope étonnant de cette richesse architecturale : les magnifiques fermes fortifiées Beauceronnes, massives, solides, faites de calcaires lacustre gris et dur, succèdent aux maisonnettes délicates de Sologne, à la fois coquettes et sobres, parées de briques chaudes aux motifs décoratifs toujours renouvelés ; le Perche n'est pas en reste, avec une palette de matériaux plus riche que partout ailleurs : grison et roussard sombres, sable jaune lumineux pour les enduits, brique rouge et calcaire blanc, silex et pans de bois. Les vallées arborent fièrement le tuffeau blanc et tendre sur leurs bâtiments, nobles ou modestes, utilisé seul ou savamment mêlé à la brique, coiffé d'ardoise grise ou de tuile brune. Sur chacune des trois vallées principales, les flancs des coteaux de tuffeau sont par endroits creusés en troglodytes, jusqu'à offrir de curieuses configurations urbaines où les maisons se fondent à la falaise dans un troublant mélange de nature et d'artifice, d'organique et de construit.

Là encore, cet héritage si précieux, décliné du plus orgueilleux château à la plus humble maisonnette, apparaît éminemment fragile. Les dynamiques d’évolution, développées dans un autre chapitre du présent atlas, montrent les processus de banalisation de l’architecture à l’œuvre. On ne construit plus avec les matériaux pris sur place : cela rend d’autant plus précieux l’identification, la préservation, l’entretien et la valorisation d’un patrimoine qui contribue à signer la personnalité d’un paysage ; et cela rend cruciale la qualité architecturale contemporaine pour que, à l’occasion notamment des immenses efforts à entreprendre en matière de développement durable, elle réinvente ses relations avec l’existant dans des dispositions plus douces.